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La situation au Grand Lac Nominingue

La situation est similaire ailleurs. Dans un article paru dans L’info du Nord, Vallée de la Rouge, mercredi 29 janvier 2020 (p.4 et 5), sous la plume de Ronald Mc Gregor, on souligne les travaux d’un comité d’étude sur le déclin du touladi au Grand Lac Nominingue.  Entre 1990 et 2007, on a ensemencé 29 600 alevins. La pêche expérimentale de 2001 avait permis de recueillir 51 spécimens, celle de 2017, 7 spécimens. Le déclin est important. Maintenant, on y projette un ensemencement de 4 400 touladis de 1 an et plus, soit de 10 à 15 cm.

Le comité d’étude du Grand Lac Nominingue avance quelques hypothèses sur les causes les plus probables (p.4) :

  • La dégradation dans l’habitat des fosses et/ou de l’habitat de fraie en en lien avec l’eutrophisation et/ou les  changements climatiques et/ou autres activités humaines;
  • Introduction de poissons (perchaudes) et changements importants dans la composition de la communauté de poisson, potentiel de prédation et/ou de compétition trop élevé;
  • et l’exploitation par la pêche sportive.

Les remèdes au Grand Lac Nominingue

Il y a un plan de gestion du touladi (https://mffp.gouv.qc.ca/faune/peche/pdf/Plan-gestion-touladi2014-2020.pdf), lequel fut prolongé jusqu’en 2024 (: https://mffp.gouv.qc.ca/la-faune/plans-de-gestion/touladi/).

Sommairement, on retrouve, entre autres, dans le Plan de gestion du touladi 2014-2020 :

  • Application de limites de longueur au touladi (45 cm) et à ses hybrides (moulac et lacmou).
  • Fermeture de la pêche d’hiver au touladi partout au Québec.
  • Fermeture de la pêche d’hiver à toutes les espèces sur les lacs à touladi dans les zones 1 à 15, 18, 26, 27 et 28.
  • Remise à l’eau obligatoire de tous les touladis sur les plans d’eau en restauration « 0 gardé ».

Nos conclusions

Un mot sur la pêche d’hiver…c’est triste pour les pêcheurs, mais il faut le voir comme un investissement.

Une phrase intéressante du plan de gestion 2014-2020 (p.55) :

Certains choix imposent des contraintes importantes, notamment la fermeture de la pêche d’hiver sur les lacs à touladi qui est incontournable pour préserver l’espèce. Il ne faut pas perdre de vue que les lacs à touladi ne représentent qu’une infime proportion des lacs du Québec.

Le Lac des Îles fait partie de cette « infime proportion »; c’est à nous d’appuyer cette initiative pour conserver notre spécificité.

Une question à résoudre, la gestion du niveau de l’eau

Selon le plan de gestion du touladi (voir le lien plus haut), on rapporte que les frayères se trouvent en général près des rives des lacs, à moins de deux mètres de profondeur (p. 7).  On souligne aussi, dans ce plan de gestion (p.11 et ss), que les barrages et gestion des eaux peuvent être un facteur limitant.

L’amplitude du marnage hivernal peut se situer entre 0,25 et 7,0 m selon les plans d’eau. Comme le touladi dépose ses œufs à moins de deux mètres de profondeur en moyenne (auteurs cités), cet abaissement du niveau d’eau peut nuire à sa reproduction en exondant les œufs, entraînant leur mort.

Or, l’ouverture du barrage par la Municipalité de St-Aimé-du-Lac-des-Îles, à la fin octobre, après la fraie, peut-elle affecter la survie des œufs? Ne faudrait-il pas ouvrir le barrage au début octobre?

La municipalité ne devrait-elle pas suivre les directives émises par le MFFP en 1998 soit :

« faire tous les travaux au barrage avant le 15 avril ou après le 20 juin pour protéger le maskinongé et avant le 1er octobre afin de protéger les frais de touladis. Après cette date, c’est la période de frai (entre le 10 et le 25 octobre), puis les œufs de touladis peuvent être exondés et la reproduction, détruite. »

… ou laisser le barrage ouvert en permanence afin que l’eau s’écoule naturellement?

https://mffp.gouv.qc.ca/la-faune/plans-de-gestion/touladi/.